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"Le ciel tirait au fuchsia, au crépuscule, éventré, des déclinaisons infinies de couleurs dans chaque entaille. Le soleil arrosait la mer de larges faisceaux, on aurait dit des révélations, des spots, des coups de projecteurs sur les profondeurs marines, et ça faisait des ovales dans l’eau, des cercles gondolés à la surface de l’eau ondoyante et limpide, à travers laquelle pointaient les récifs.
On buvait et on s’allongeait et on s’embrassait, entre couples, on sentait le vin le crabe le rhum le citron la transpiration le sel, sans se poser la question de combien de temps ça durait, étendus là, enlacés là, d’une fin de jour incompressible à l’aube, combien?"
Accord d’Oriane (Crayon de couleur gris acier): bel exercice de style (surtout la première partie), il est vrai que c’est assez facile, il suffit d’adopter un point de vue plus ou moins paradoxale et de le développer mais, quand même. Nuit de jeunesse, presque d’adolescence comme j’en ai connues quelques unes avant et juste après ma rencontre avec celui qui allait devenir le Général, le lieutenant Proust , jusqu’à ce que nous nous mariions. Les contraintes sociales ont ensuite fait basculer tout cela dans le sérieux et la respectabilité. J’avoue en avoir quelques regrets.
Note du copiste: finalement je ne peux me résoudre à renvoyer Oriane à sa nuit. Je vais donc continuer mais… peut-être… à un autre rythme.
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